Recherche ⏱️ 3 min de lecture

Limites environnementales à la croissance du secteur spatial

Article scientifique proposant la 1ère revue des enjeux de durabilité des activités spatiales.

Limites environnementales à la croissance du secteur spatial

Le secteur spatial est entré dans une nouvelle ère, avec des projets de multiples mégaconstellations, de tourisme spatial, de transport de point à point sur Terre, de centrales solaires orbitales, d’exploitation minière spatiale, de bases lunaires, de colonisation de Mars…

Mais l’humanité est également entrée dans une nouvelle ère : celle où ses activités transgressent les limites biophysiques de la Terre. Dès lors, quels sont les impacts actuels des activités spatiales sur l’environnement ? Et comment pourraient-ils évoluer si les projets annoncés sont mis en œuvre ?

Dans un article publié dans Science of the Total Environment, je tente de répondre à ces questions. L’état actuel des débris spatiaux, de la pollution du ciel nocturne, de l’appauvrissement de la couche d’ozone et du changement climatique liés aux activités spatiales y est examiné, et leur évolution future potentielle est discutée. Les risques associés sont explorés et l’importance de l’écoconception est soulignée. Ensuite, la pertinence et l’acceptabilité des projets planifiés à l’heure de l’effondrement environnemental et de la transition écologique sont remises en question.

Il est couramment admis que les seules limites à l’entreprise humaine dans l’espace sont de nature purement technique et économique. Pourtant, on s’attend déjà à ce que le nombre d’objets en orbite augmente même sans lancements supplémentaires en raison de la génération auto-entretenue de débris, et la pollution lumineuse provenant des objets spatiaux artificiels pourrait avoir déjà franchi le seuil défini par les astronomes. Et ce, avant même le lancement de la plupart des mégaconstellations prévues. Les impacts atmosphériques, bien que actuellement faibles (mais considérables pour seulement ~100 lancements par an), pourraient atteindre des niveaux déclenchant des réponses réglementaires compte tenu de l’envolée prochaine des cadences de lancement. Par conséquent, il semble qu’il existe également des limites environnementales au développement actuel des activités spatiales.

Cela soulève des questions sur le désir de rendre l’espace accessible « à toute l’humanité » ou de tenter de « faire de l’humanité une espèce multi-planétaire » par une colonisation intensive, comme le proposent certaines entreprises commerciales. Et si viser les étoiles se faisait à un coût insupportable pour l’environnement terrestre ?

Même si beaucoup de progrès reste à faire pour mieux comprendre les impacts environnementaux du secteur spatial, en particulier les effets des émissions des lanceurs, cet article appelle à une évaluation quantitative des impacts des projets proposés… ce que j’essaie de réaliser avec une superbe équipe de recherche !

[ÉTUDE D’ÉVALUATION QUANTITATIVE DÉSORMAIS ACCESSIBLE ICI]

Liens associés :

  • Version courte de l’article publiée sur le blog de l’ISIGE (Mines Paris) : ici
  • Version revue : ici
  • Version preprint : ici