À Propos
Ce site vise à faire le point sur l’état des connaissances scientifiques sur la durabilité des activités spatiales et à apporter des éléments d’analyses sur ce sujet en lien avec des questions de société et l’actualité. Il constitue également une plateforme pour centraliser les travaux et contributions de l’auteur sur ces thématiques.
L'auteur
Je m’appelle Loïs Miraux et je suis ingénieur et chercheur. J’ai une formation en aérospatial et en sciences de l’environnement (Centrale Nantes / Politecnico di Milano / Mines Paris).
Depuis fin 2020 et jusqu’il y a peu, j’ai mené des travaux de recherche sur la soutenabilité environnementale des activités spatiales, combinant quantification d’impacts et approche systémique. J’ai également fait progresser ces enjeux en tant qu’ingénieur environnemental au CNES et à MaiaSpace, consultant indépendant, expert technique pour Aéro Décarbo et The Shift Project, ainsi que par mes activités de conférencier et d'enseignant, notamment à CentraleSupélec.
Je travaille aujourd’hui plus largement sur les enjeux d’énergie et de ressources liés à la transition, actuellement en tant qu’analyste à T&E après avoir été chercheur à l’institut d’économie de l’énergie du CEA (I-Tésé).
Dans mes analyses, je m’appuie sur cette double culture, alimentant une vision transdisciplinaire des tensions entre expansion spatiale et limites planétaires.
Vision
Portée par un « élixir à usage unique » – les combustibles fossiles – l’humanité a récemment connu un essor fulgurant jusqu’à atteindre l’ère spatiale. Mais cette trajectoire s’est construite au prix d’un dépassement de la quasi-totalité des limites planétaires, c’est-à-dire de la destruction progressive de nos propres systèmes de support de vie. Le consensus scientifique est clair : la survie des sociétés modernes dépend d’une réduction rapide et massive de notre empreinte écologique.
Dans ce contexte, il est nécessaire d’interroger les coûts environnementaux de toute activité humaine par rapport à ses bénéfices, y compris les activités spatiales. Elles offrent une grande variété de services, dont certains sont précieux pour la cause environnementale, mais à quel prix ? Au-delà de la problématique bien connue des débris spatiaux, les externalités négatives des activités spatiales sont multiples et encore largement méconnues : impacts sur le cycle de vie au sol, effets sur le climat et la couche d’ozone des émissions des lancements et rentrées atmosphériques, risques pour la vie humaine causés par les retombées de débris, et perturbation des observations astronomiques. Des travaux de recherche commencent à lever le voile sur ces enjeux, révélant des effets potentiellement significatifs et un niveau d’interconnexion et de complexité systémique largement insoupçonné.
Malgré ces incertitudes et inquiétudes, le secteur spatial connaît aujourd’hui une expansion sans précédent portée par le déploiement des mégaconstellations, tandis que d’autres projets spéculatifs alimentent de grandes promesses : des centrales solaires ou data centers en orbite censés contribuer aux objectifs net-zéro jusqu’aux scénarios d’expansion et de colonisation spatiale présentés comme une échappatoire aux limites planétaires.
Face à ce constat, des questions fondamentales s’imposent : comment les missions spatiales impactent-elles l’environnement et les activités humaines, sur Terre et dans l’espace ? Lesquelles prioriser pour minimiser ces impacts ? Pour quels usages, au bénéfice de qui, et avec quels renoncements ? Disposons-nous de solutions d’atténuation crédibles ? Plus largement, quel spatial voulons-nous pour demain ?